Le management visuel digital au service de l’excellence logistique : quel pilotage visuel en entrepôt ?

Les postes de production sont les organes de l’usine, la supervision le cerveau ? Les approvisionnements en sont alors le système vasculaire : moins visible, mais essentiel à la bonne marche de l’ensemble. Trop de stock sur les lignes ? Le travail est gêné. Pas assez ? Il est arrêté. Des quais d’expédition sous ou suralimentés ? C’est toute l’activité qui est impactée. 

La tension sur les équipes logistiques s’est encore accentuée depuis 2020 et la crise de la Covid-19. Une grande partie des achats (des ménages comme des entreprises) s’est digitalisée. Habitués aux “standards” de qualité d’acteurs comme Amazon notamment, les clients exigent des délais toujours plus courts et une livraison toujours moins chère. Or dans le même temps, les coûts du transport ont clairement augmenté, et celui du stockage reste à des niveaux élevés.

Conséquence : La logistique et l’expédition en premier lieu, constitue plus que jamais un poste de coût à optimiser pour éviter de dégrader les marges. Et donc à piloter avec des indicateurs judicieusement choisis.

Quels KPI pour la logistique ?

La logistique est une activité “de flux” : la plupart des informations et des indicateurs sont donc à monitorer d’un bout à l’autre du processus, pour s’assurer du meilleur suivi possible. 

Néanmoins, on peut isoler étape par étape quelques indicateurs particulièrement parlants pour mesurer (et alerter au besoin) l’efficacité des opérations :

  1. lors de la préparation des commandes,
  2. lors des approvisionnements sur les postes et lignes de production (kitting)
  3. lors des expéditions après production (vers les clients directement, les revendeurs, les hubs logistiques…)
  4. et enfin de bout en bout pour superviser l’ensemble.

Préparation des commandes

  • Gestion des stocks et d’approvisionnement : taux de couverture des stocks (nombre de jours de production possibles sans réapprovisionnement)
  • Taux de rupture des pièces essentielles
  • Taux d’accident et de gravité (sécurité)

Expéditions

  • Taux d’occupation des quais
  • Nombre de commandes expédiés/jour, avance/retard…
  • Statut d’avancement de préparation

Kitting sur zone de production

  • Demandes de pièces : références, quantité, destination
  • Circuit préférentiel de livraison : demandes prioritaires, urgentes
  • Composition des “colis” à délivrer par poste ou par opérateur

Supervision logistique

  • KPI de production : nombre d’unités fabriquées, objectifs à tenir
  • KPI de cadencement : durée des cycles et étapes de production, lead time (temps de “traversée” de l’usine de la mise en production à la sortie)
  • KPI de qualité et productivité : taux de rebut, taux de rendement synthétique des machines
  • KPI de complétion des commandes : expédiées/commandées

Supply et logistique : quelles informations à quelles étapes pour les collaborateurs ?

En supply chain, le flux d’informations est aussi important que les flux de produits et de matériaux. Au-delà des indicateurs de performance, un système d’information visuelle doit permettre à chaque collaborateur d’accéder à une information fiable et précise sur la tâche en cours.

Préparation des commandes 

  • Les “bons de commande” internes permettant de suivre l’avancée des commandes à fabriquer et expédier
  • La liste des composants nécessaires à la production du jour

Expéditions

  • Occupation des quais
  • Timing : état de complétion d’une remorque, heure estimée de départ en vue globale et par transporteur
  • Etat des chargements : en cours, finalisés, retardés… et vue globale et par transporteur

Kitting sur zone de production

  • Demandes de pièces : références, quantité, destination
  • Circuit préférentiel de livraison : demandes prioritaires, urgentes…
  • Composition des “colis” à délivrer par poste ou par opérateur

Supervision logistique

  • KPI de cadencement : durée des cycles et étapes de production, lead time (temps de “traversée” de l’usine de la mise en production à la sortie)
  • KPI de qualité et productivité ; taux de rebut, taux de rendement synthétique des machines
  • KPI de complétion des commandes : expédiées/commandées

Supply chain et management visuel : pourquoi le digital est un “must-have” 

La logistique repose fortement sur l’information (état des ressources, avancée des productions, expéditions, etc.), et ses collaborateurs sont en permanence mobiles. Dans une composante de l’activité où la vitesse et la réactivité sont clés, organiser le suivi des indicateurs de performance en temps réel n’est même plus une option : c’est la condition sine qua non pour être efficient. Il faut que chacun dispose des indicateurs et des renseignements à jour, là où il se trouve.

D’autre part, si les postes de travail et la supervision sont déjà digitalisées, connectés à l’ERP de l’usine, y adjoindre un système d’information pour l’approvisionnement n’est qu’un pas en plus pour pouvoir accorder supply chain et production autour d’une logistique vraiment “calée” sur l’activité : à flux tirés ou à flux poussés.

Ainsi, de la réception des commandes à l’entrée de l’usine jusqu’à l’expédition des produits finis, la digitalisation des informations permet d’optimiser l’ensemble de la chaîne de production. Pour le plus grand bénéfice des collaborateurs et de l’entreprise.

Kaizen

Fusion de deux mots japonais, “Kai” et “Zen”, qui signifient respectivement “changement” et “bon”, Kaizen signifie donc dire “Analyser pour rendre meilleur”. Cette démarche repose sur des petites améliorations faites au quotidien, à l’opposé du “jeter et tout recommencer” à l’occidentale. Chaque travailleur doit réfléchir à son travail et son environnement et proposer des idées d’amélioration. Le Kaizen ne demande pas beaucoup d’investissements mais une forte motivation de tous les employés… employés qui doivent aussi disposer d’éléments d’informations objectifs pour juger de leurs performances.